Rallye du Groupe B : les voitures trop rapides pour la compétition, mais trop emblématiques pour ne pas figurer dans une collection


Quatre modèles réduits de voitures de rallye du Groupe B

Guide du collectionneur sur le rallye Groupe B en miniature : l'histoire technique, les quatre voitures emblématiques et les répliques au 1/18e et au 1/24e qui retracent l'époque la plus extrême du sport automobile.

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Le rallye du Groupe B a marqué l'époque la plus extrême sur le plan technique de l'histoire du rallye. On peut même affirmer qu'il s'agit de la période la plus extrême de tout le sport automobile. Entre 1982 et 1986, le règlement du Groupe B de la FIA a donné naissance à une nouvelle catégorie. Celle-ci ne comportait pratiquement aucune limite significative en matière de performances. Les constructeurs devaient simplement homologuer 200 exemplaires destinés à la circulation routière. Passé ce seuil, les voitures de compétition pouvaient s'écarter des spécifications des modèles de série. Cet écart était pratiquement sans limite.

Il en résulta des bolides à moteur central, turbocompressés et à transmission intégrale. Ils développaient plus de 400 bhp et pesaient moins de 1 000 kg. Ces voitures couraient sur la voie publique. Les spectateurs se tenaient à quelques mètres seulement de la ligne de course. Cette époque prit fin en 1986 en raison d’accidents mortels. Parmi les victimes figuraient Henri Toivonen et Sergio Cresto. Ils ont trouvé la mort lors du Tour de Corse en mai 1986. La FIA a immédiatement annulé le Groupe B.

Quatre années de compétition sans restriction ont donné naissance à des voitures emblématiques. Celles-ci restent les sujets les plus passionnants du sport automobile. Elles sont très recherchées par les collectionneurs dans le calendrier des rallyes. La demande des collectionneurs n'a pas faibli depuis. Et cela dure depuis quatre décennies.

En quoi le groupe B était-il unique sur le plan technique ?

La FIA a introduit le Groupe B en 1982. Cette mesure s'inscrivait dans le cadre d'une refonte réglementaire plus large. Elle visait à encourager l'innovation chez les constructeurs. L'homologation exigeait la production de 200 voitures de série. Ce nombre a ensuite été ramené à 20 pour les variantes évolutives. Ce faible nombre a permis aux constructeurs de développer des voitures de compétition. Il n'y avait pratiquement aucune limite technique. Lancia, Audi, Peugeot, Ford, MG, Citroën et Renault ont tous mis en place des programmes de Groupe B. Leur ampleur et leur ambition variaient considérablement.

L'architecture technique caractéristique était celle d'un moteur central, d'un turbocompresseur et d'une transmission intégrale. Audi a été le pionnier de la transmission intégrale « quattro » dans le Groupe 4 dès 1981. En 1985, toutes les voitures de compétition du Groupe B utilisaient cette configuration. Les puissances ne cessaient d’augmenter. L’Audi Sport Quattro S1 E2 développait 500 bhp en 1986. Il s’agissait d’une version de rallye. La Peugeot 205 T16 E2 affichait une puissance similaire.

La Lancia Delta S4 était équipée à la fois d’un compresseur et d’un turbocompresseur. Ceux-ci étaient montés en série. Cela permettait d’éliminer le temps de réponse du turbo à tous les régimes. Il ne s’agissait pas d’évolutions progressives de la technologie de rallye existante. C’étaient des voitures de course spécialement conçues à cet effet. Elles n’avaient qu’un vernis très mince d’identité de voiture de série.

Les quatre voitures emblématiques du rallye du Groupe B pour les collectionneurs

Audi Sport Quattro S1 E2 — 1985–1986
L’Audi Sport Quattro S1 E2 a marqué de son empreinte l’esthétique du Groupe B. Ses passages de roues élargis lui conféraient un look agressif. Son ensemble aérodynamique était tout aussi agressif. Le système de transmission intégrale « quattro » en faisait un modèle reconnaissable entre tous. Audi a développé le système quattro à partir de 1980. Walter Röhrl a mené la S1 E2 à la victoire lors de la course International de Pikes Peak en 1987, après l’annulation du Groupe B au WRC. Il a établi un record du parcours qui est resté invaincu pendant des années. L'Audi Sport Quattro S1 E2 n° 1 — Vainqueur de la course de côte de Pikes Peak en 1987, pilotée par Walter Röhrl — est produite par WERK83. Il s'agit d'un modèle moulé sous pression à l'échelle 1/18. Il commémore ce résultat spécifique. Il arbore la livrée Audi Sport jaune, blanche et rouge. Il présente une structure entièrement ouvrable et des insignes imprimés par tampographie.

Peugeot 205 T16 — 1984–1986
La Peugeot 205 T16 a remporté les championnats du monde des constructeurs et des pilotes du WRC. Elle s'est imposée en 1985 et en 1986. Ari Vatanen et Timo Salonen ont décroché deux titres de pilotes consécutifs. Le programme de la 205 T16 était géré par Peugeot Talbot Sport. À son apogée, il s'agissait du programme le plus abouti du Groupe B. La voiture était dotée d’une configuration à moteur central. Le quatre cylindres turbocompressé de 1,8 litre était placé derrière le pilote. Cela lui conférait une répartition du poids particulière. Elle bénéficiait également d’un équilibre de conduite distinct. Cela la distinguait de l’Audi, plus lourde à l’avant. La Peugeot 205 T16 n° 2 — vainqueur du Rallye de Monte-Carlo 1985, pilotée par Ari Vatanen et Terry Harryman — est produite par IXO Models. Il s’agit d’une maquette en métal moulé sous pression à l’échelle 1/24. Elle reproduit la voiture victorieuse au Rallye de Monte-Carlo. Elle arbore la livrée blanche, bleue et rouge de Peugeot Talbot Sport.

Lancia Delta S4 — 1985–1986
La Lancia Delta S4 était la voiture la plus sophistiquée du Groupe B. Son système d'admission séquentiel associant compresseur et turbocompresseur était unique en son genre. Le compresseur Volumex offrait une réactivité immédiate à bas régime. Le turbocompresseur délivrait la puissance maximale à haut régime. Cela conférait à la S4 une puissance inégalée. Henri Toivonen a remporté le Rallye RAC 1985 au volant de la Delta S4. C'était lors de ses débuts. Miki Biasion l'a conduite jusqu'à la victoire au Rallye d'Argentine 1986. Top Marques a produit la Lancia Delta S4 Team Martini Racing n° 5 — Vainqueur du Rallye d'Argentine 1986, pilotée par Miki Biasion et Tiziano Siviero. À l'échelle 1/12, il s'agit de sa plus grande réplique. Aucune version à l'échelle 1/18 n'égale son niveau de détail. Elle présente des détails tant au niveau de la finition que de la mécanique.

Lancia Rally 037 — 1982–1984
La Lancia Rally 037 fut la dernière voiture à propulsion arrière à remporter le WRC. Elle remporta le championnat des constructeurs en 1983, face au programme « quattro » à quatre roues motrices d’Audi. Son moteur quatre cylindres suralimenté monté en position centrale était unique en son genre. La carrosserie aérodynamique fut mise au point dans la soufflerie de Pininfarina, ce qui lui conférait un aspect visuel distinctif. Elle s'inscrivait dans la cohérence technique du Groupe B. Le passage à la transmission intégrale l'a rendue non compétitive. Ce processus s'est opéré progressivement à partir de 1984. LaLancia 037 Totip n° 3 — Rallye de l'île d'Elbe 1985, pilotée par D. Cerrato et G. Cerri, est produite par Kyosho à l'échelle 1/18. Elle témoigne de la fin de carrière de la 037. Elle arbore la livrée caractéristique de Totip. Cette configuration de pilote privé témoigne de la longévité de la voiture. Elle a participé à des rallyes nationaux italiens et européens. C'était après son apogée en WRC.

Pourquoi le Groupe B est-il considéré comme l'époque la plus prisée des collectionneurs dans l'histoire du rallye ?

Trois facteurs alimentent la demande des collectionneurs pour le Groupe B. Ceux-ci priment sur toutes les autres périodes du rallye. Premièrement, la brièveté et la violence de cette époque jouent un rôle déterminant. Il n’y a eu que quatre saisons actives. Une annulation a été provoquée par des accidents mortels. Les voitures n’ont jamais atteint leur plein potentiel de développement. Il en résulte une rareté inhérente des résultats documentés. Il en découle une dimension narrative que le WRC ne peut reproduire. Deuxièmement, l’identité visuelle est importante. Les voitures du Groupe B sont visuellement extrêmes. Elles possèdent des passages de roues larges et une aérodynamique agressive. Les livrées des sponsors de l’époque viennent renforcer cet aspect. Elles en font des modèles qui ont du punch sur une étagère d’exposition. Cela vaut quelle que soit l’échelle. Troisièmement, la liste des pilotes est déterminante. Röhrl, Vatanen, Toivonen, Biasion, Salonen et Mikkola figuraient parmi les plus éminents. Le Groupe B a concentré les carrières de ces pilotes majeurs au cours d’une seule et même période réglementaire. Cela génère une demande de collectionneurs pour des pilotes spécifiques, qui s’étend à plusieurs voitures et épreuves.

À l'échelle 1/18, on trouve l'Audi S1 E2 de WERK83 et la Lancia 037 Totip de Kyosho. Elles incarnent deux approches distinctes de cette époque : d'un côté, les voitures de championnat d'usine ; de l'autre, la longévité des pilotes privés. Ensemble, elles illustrent toute la diversité du Groupe B. À l'échelle 1/24, la Peugeot 205 T16 Monte-Carlo 1985 d'IXO est une valeur sûre. Elle est proposée à un prix abordable. À l'échelle 1/12, les précommandes de la Lancia Delta S4 de Top Marques sont ouvertes. Il s'agit de la voiture la plus complexe de cette époque. Elle est réalisée à une échelle qu'aucun fabricant n'avait encore atteinte auparavant.

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